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Exposition

06.02.21 - 16.05.21

Debi Cornwall. Welcome to Camp America

Hormis les tenues oranges des prisonniers, peu d’images circulent sur ce qui se cache réellement derrière les murs de Guantanamo, la base militaire américaine située à la pointe Est de Cuba tristement célèbre pour être un lieu de tortures et d’incarcérations.
Entre mars 2014 et janvier 2015, durant trois séjours, la photographe new- yorkaise Debi Cornwall a été autorisée à entrer dans l’enceinte de Guantanamo Gitmo, comme l’ont surnommé ses occupants – pour réaliser un reportage photographique à la condition impérative de respecter strictement certaines règles. Interdiction de photographier le visage des soldats, de prendre la moindre image des dispositifs de surveillance, obligation d’être perpétuellement escortée et de faire valider chaque jour les prises de vues enregistrées sur la carte SD de l’appareil et... de développer dans la foulée les négatifs pour qu’ils puissent être inspectés, ce qu’elle réalisera dans la baignoire de sa chambre d’hôtel, sous le regard attentif de son escorte.

Sur base de ses photographies ayant reçu l’aval des militaires, Debi Cornwall a construit un travail engagé grâce à son expérience d’avocate ayant exercé durant douze années au barreau de New York.
Apparaissent alors des photographies d’un Gitmo que peu de personnes auraient imaginé que la photographe a classées en trois séries distinctes, autant de visages de ce lieu où personne n’a vraiment choisi de vivre.

« Gitmo at home, Gitmo at play » aborde l’univers carcéral et les conditions de vie des détenus (cellule minimaliste, kit de vêtements réduit à l’essentiel, tapis
de prière en caoutchouc... ) mais pas seulement... Elle propose à notre plus
grand étonnement des images des lieux de loisirs de la base navale réservés au personnel militaire et à leurs familles ainsi qu’aux travailleurs étrangers qui y sont employés. Ces images, qui semblent celles d’un « club Med » (transats en bord de mer, terrains de jeu et piscines...) surprennent par leur caractère plutôt incongru.

« Gitmo on sale » reprend les photographies d’objets souvenirs mis en vente à la boutique de la base. On y trouvera pour les nostalgiques du lieu une figurine de Fidel Castro dodelinant de la tête, des mugs évoquant l’ancien camp provisoire X-Ray, des verres à liqueur, des animaux en peluche tels un vautour, un iguane rasta ou un rat.

Dernière série « Beyond Gitmo » nous montre enfin des anciens détenus, terroristes présumés, ayant retrouvé la liberté chez eux ou déplacés vers des pays étrangers. Tout comme l’armée avait interdit à Debi Cornwall de photographier des visages à Guantanamo Bay, Debi Cornwall a parcouru le monde pour en photographier plus d’une dizaine de manière presque identique, apparaissant tous « sans visages »... photographiés de dos !

Biographie

Documentariste et cinéaste conceptuelle qui est revenue à l’expression visuelle en 2014 après une carrière de 12 ans en tant qu’avocate spécialisée dans les droits civils. Mariant l’humour noir à la critique structurelle, son travail examine les réalités créées par l’État américain à travers des photographies, des films, des témoignages et des archives.

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Debi Cornwall
Smoke Break, Camp America, 2014 © Debi Cornwall