02 juin 2026

L’œuvre du mois de juin


En 1990, à l’occasion de la 4e Triennale internationale de la Photographie, Ralph Gibson fut présenté aux cimaises du Musée de la Photographie.

Catégorie : Publications Oeuvres
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En 1990, à l’occasion de la 4e Triennale internationale de la Photographie, Ralph Gibson fut présenté aux cimaises du Musée de la Photographie. Une sélection particulière opérée au sein de son œuvre photographique avait été réalisée à cette occasion. Cette dernière s’articulait autour de la part de sensualité dans son travail, une caractéristique transversale dans sa manière de photographier, qui n’est cependant pas le premier qualificatif venant à l’esprit pour décrire son œuvre.

Né en 1939 aux États-Unis, Ralph Gibson est le fils d’un assistant-réalisateur qui travailla notamment aux côtés d’Alfred Hitchcock. Il apprend la photographie à l’US Navy et au San Francisco Art Institute, il sera par la suite l’assistant de Dorothea Lange et travaillera avec Robert Frank sur plusieurs de ses films. Cette riche formation aux côtés de maitres de la photographie alliée à l’univers cinématographique dans lequel il évolue dès la petite enfance, forment son œil et son langage visuel. Dans des compositions fleurtant avec l’abstraction, le surréalisme et l’onirisme, il déploie une écriture singulière faite de fragments de réalité, de scènes quotidiennes devenant insolites et de contrastes tranchés en noir et blanc. Gibson publie également ses livres photographiques avec sa maison d’édition Lustrum Press, notamment The Somnambulist en 1970. Un ouvrage devenu depuis une référence dans l’histoire de la Photographie.

La construction de l’image choisie pour l’œuvre du mois illustre pleinement la démarche et le style de Ralph Gibson. La femme, au centre de la composition, est située légèrement plus haut que l’objectif. L’effet de contre-plongée grandit sa silhouette dont la forme longiligne est accentuée par la robe noire et les éléments d’architecture. à l’arrière-plan, ces colonnes et murs au plafond invisible terminent l’élan vertical de l’ensemble. Le tout apparait comme étiré par la prise de vue. Les contrastes importants du rendu photographique, les noirs intenses et les blancs presque surexposés, confèrent un style bien particulier à la photographie. Ils participent au sentiment d’étrangeté de l’ensemble dont le visage de la femme, figé dans un chant ou un cri, est l’élément principal.

Ralph Gibson a exposé son travail dans de très nombreuses institutions, dans son pays d’origine comme à l’international où son œuvre est aujourd’hui pleinement reconnue. Le Musée conserve sept tirages de l’auteur qu’il a confiés à la collection en 1996.

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Ralph Gibson, Sans titre, 1996. Épreuve à la gélatine argentique, tirage d’époque, 31,5 x 20,7 cm. Coll. Musée de la Photographie MPC 97/94

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