Visite guidée de l’exposition Éclats de familles par Adeline Rossion, commissaire de l’exposition
Depuis les premiers battements de la photographie, la famille s’est immiscée, naturellement, au cœur de l’image. Devant l’objectif des daguerréotypes, on se fait souvent photographier avec son entourage. À mesure que les amateurs éclairés explorent les possibilités de l’appareil, les proches – parfois malgré eux – deviennent des modèles improvisés. En 1888, lorsque Kodak lance un appareil simple d’utilisation, l’intention est de permettre à chacun de devenir le gardien de ses propres souvenirs, un archiviste discret d’instants saisis au sein du foyer, contribuant à la création de ce que l’on appellera plus tard les « archives familiales ».
Mais comment photographie-t-on aujourd’hui ceux qui nous sont chers ? Quel regard porte-t-on sur les siens, sur les liens qui nous unissent, ou parfois nous échappent ? La photographie familiale continue-t-elle de n’évoquer que des bonheurs figés, ces instants qui ont bien souvent été choisis dans les décennies passées pour remplir les albums ? Ou bien, à l’heure où la notion même de famille se redessine, se réinvente, se cherche ailleurs, l’image devient-elle un outil pour interroger, déconstruire, révéler les failles et les silences ? Et où se situe cette ligne fragile, presque imperceptible, entre souvenir personnel et geste artistique ?
Visite guidée de l’exposition Éclats de familles par Adeline Rossion, commissaire de l’exposition.
Pascal Sgro, de la série Parfum © Pascal Sgro
