Erika Vancouver

 

Erika Vancouver, Les petites-filles de Salvatore

Qui est Salvatore ? Salvatore est un émigré italien venu, comme tant d’autres, travailler en Wallonie. Le premier accord de transfert de population entre les gouvernements belge et italien date de juin 1946. Il consistait à « échanger » la force de travail italienne contre du charbon belge. Le 8 août 1956, c’est la tragédie du Bois du Cazier à Marcinelle. Un accident catastrophique qui fera 262 victimes dont 163 Italiens, et qui décidera l’Italie à mettre fin aux accords. Erika Vancouver nous invite à un voyage temporel qui superpose et croise l’univers singulier d’anciens mineurs italiens du Bois du Cazier, et de leurs descendantes, par le prisme du concours Miss Italia Belgio.

Du fond de la mine aux lumières des projecteurs, c’est de la transmission et de l’identité qu’il est question. Erika dépeint ce que signifie l’attachement aux racines et, de façon plus générale, ce besoin dérisoire et nécessaire d’être né quelque part. Avec ces images, elle poursuit ses interrogations sur l’étrangeté et la fragilité des destinées d’hier comme d’aujourd’hui. Toutes les images de la série ont été réalisées sur pellicule 24/36 avec un Nikon F80.

 

Erika Vancouver est diplômée en 2009 d’un Master en Arts Plastiques de l’Erg à Bruxelles. Elle a exposé au Musée de la Photographie à Charleroi, à la Centrale for contemporary art de Bruxelles, ainsi qu’en France à L’Imagerie de Lanion, à Creil durant les Photaumnales, en Espagne, au Portugal… Ses séries ont été projetées à la MEP à Paris et aux Boutographies de Montpellier.

Elle a publié  Les petites filles de Salvatore en 2016 chez Arp2 Éditions.

Son travail fait partie de la Collection Contretype (Bruxelles à l’infini) et de la collection permanente du Musée de la Photographie à Charleroi.

« Erika Vancouver’s work addresses themes of identity, individuality, and community in subtle, insightful and persistent ways. She is an accomplished maker of photographs, sculptures, and installations. In her photographs she brings an awareness and sensitivity of light, space, form, content and color that quietly yet persuasively animates the viewer’s imagination to stay with the picture to wonder and participate in a narrative. » Jeffrey Silverthorne, March 9, 2014