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Expositions actuelles


© Estate Jeanloup Sieff

Jeanloup Sieff
LES ANNEES LUMIERE
10.12.16 > 07.05.17

«Les gens qui ne me connaissent pas se font de fausses idées à mon sujet. Ils s’imaginent que je suis un peu orgueilleux, un peu dilettante, un peu distant… mais ils se trompent, je le suis totalement.»


Elégance et légèreté, classicisme et sensualité sont quelques qualificatifs pour évoquer les photographies de Jeanloup Sieff (1933-2000).
Reporter indépendant, un temps membre de l’agence Magnum – il reçoit en 1959 le Prix Niépce pour son reportage sur le Borinage – c’est cependant dans la photographie de mode qu’il va s’illustrer.

Réalisées principalement pour de prestigieuses revues de mode telles Harper’s Bazaar, Elle, Vogue ou British Mode, ses photographies s’émancipent pourtant de la commande par l’originalité des cadrages, la densité des impressions et le choix du grand angle qui les rend immédiatement reconnaissables. Car il y a bien un style Sieff avec ses femmes-icônes portant les créations de prestigieux couturiers, ses nus féminins saisis dans leur troublante intimité, ses paysages déserts qui sont le visage solitaire de ce photographe pratiquant l’amitié avec les vedettes de l’écran ou de la politique qu’il rend si proches, s’effaçant derrière le modèle. Sieff épure sa photographie, en conservant les lignes maîtresses, les coulant dans des noirs profonds, rejoignant l’esthétique d’une époque, les «Trente Glorieuses» qu’il incarne à la perfection.

Depuis les années cinquante, en une étroite connivence avec le cinéma, au travers des thèmes abordés, c’est tout le parfum d’une époque qu’a su traduire Jeanloup Sieff en ses images.

L’œuvre de Sieff n’a jamais connu une exposition d’importance en Belgique. Le Musée de la Photographie à Charleroi proposera une sélection des photographies les plus emblématiques de Jeanloup Sieff, mélange des collections du Musée et des archives du photographe pour rendre hommage à celui qui, à l’égal d’ Irving Penn ou de Richard Avedon, a marqué plus d’une génération. Un choix de photographies de la série Borinage 1959 sera présenté dans la Galerie du Cloître.

Biographie

1933 : Naissance à Paris le 30 novembre, de parents d’origine polonaise.

1954 : Débute comme photographe-reporter indépendant à Paris après un passage à l’école de photographie de 
Vaugirard et de Vevey en Suisse.

1958-1959 : Membre de l’agence Magnum. Il reçoit le prix Niépce pour son reportage sur le Borinage.

1961 : Premier séjour aux Etats-Unis. Collabore avec de nombreux magazines comme Harper’s Bazaar, Look
Glamour, Vogue (UK), Queen, etc.

1962 : Photographie Alfred Hitchcock à Hollywood dans les décors du film Psychose.

1965 : De retour à Paris, Sieff photographie pour les magazines Elle, Vogue et Nova.

1970 : Partage sa vie avec Barbara Rix.

1971 : Photographie le couturier Yves Saint Laurent nu pour la campagne de publicité de son parfum.

1972 : Invité d’honneur des Rencontres d’Arles en compagnie de J.H. Lartigue.

1977 : Voyage avec Barbara dans la Vallée de la Mort en Californie.

1978 : Parution de son livre «La Vallée de la Mort», première édition de la collection Journal d’un voyage qu’il a lui-
même créée.

1979 : Naissance de sa fille Sonia.

1981 : Jeanloup Sieff est fait Chevalier des Arts et des Lettres. Naissance de son fils Sacha.

1986 : Rétrospective au musée d’Art Moderne de Paris.

1990 : Parution de sa monographie Demain le temps sera plus vieux – Jeanloup Sieff 1950-1990.

1992 : Jeanloup Sieff reçoit le Grand Prix national de la photographie.

2000 : Décès à Paris le 20 septembre.




© Wim De Schamphelaere

Wim De Schamphelaere
EXCHANGING LOOKS
10.12.16 > 07.05.17

J’utilise les techniques photographiques d’aujourd’hui, non pas pour changer l’image réelle, mais juste pour reproduire avec fidélité cette réalité en empruntant un chemin qui n’existait pas par le passé.
Wim De Schamphelaere

Les photographies de Wim De Schamphelaere  se présentent en bandes panoramiques sans l’effet produit par la rotation de l’appareil ni le collage des panoramas du 19e siècle. Pouvant atteindre jusqu’à huit mètres de longueur, elles impressionnent autant par leur composition que par l’atmosphère puissante qui s’en dégage : mises à plat, sans déformation oculaire, tel le décor de scènes de théâtre, elles  sont peuplées de ceux qui vivent dans les lieux que le photographe a choisis, Cuba ou l’Afrique, la rue ou la savane s’offrant à la recomposition de leur propre spectacle. Bien plus qu’une entreprise «ethnographique» en leur apparence descriptive et documentaire, les photographies de Wim De Schamphelaere proposent une réalité imperceptible pour l’œil humain en un temps dilaté, à l’exemple de ces habitants rassemblés dans l’image sans s’y être trouvés au même instant. 
La photographie se fait ici archéologue, joignant bout à bout sur l’écran de l’ordinateur les fragments photographiques minutieusement prélevés d’une réalité pour en recomposer l’apparence et en accroître les données sans volonté de la trahir mais au contraire de la servir. 

Né en 1963, Wim De Schamphelaere a commencé sa carrière comme ingénieur en biochimie dans plusieurs sociétés. Il a ensuite fondé sa propre activité d’impression numérique.  
Wim De Schamphelaere a toujours été fasciné par les cultures étrangères et a voyagé régulièrement autour du globe. Il y a douze ans, il est devenu photographe professionnel à temps plein. 

 




© Estate Jeanloup Sieff

Jeanloup Sieff
BORINAGE, 1959
10.12.16 > 07.05.17

De ce reportage réalisé aux premières heures de sa carrière photographique, Jeanloup Sieff se souviendra du soleil qui éclairait ces étranges paysages du Nord aux montagnes façonnées par l’homme, ce mineur de fond qui depuis des décennies plongeait dans les entrailles de la terre pour en extraire le précieux charbon.
La situation est grave en 1959, et plus encore dans le Borinage que dans les autres régions minières de Belgique ; la vie du Borain est depuis longtemps marquée par des conditions d’existence et de travail précaires : la colère gronde plus fort qu’ailleurs, sans savoir encore que l’année suivante sera bien pire, dans la bataille contre la «Loi Unique» du gouvernement de centre-droit chrétien-libéral dirigé par Gaston Eyskens.
Envoyé, avec Frank Horvat, par le mensuel d’actualités Réalités, Jeanloup Sieff arrive donc en cette contrée aussi meurtrie qu’elle est peuplée d’êtres généreux un matin où le soleil le dispute au brouillard tenace. Il tourne son objectif vers les paysages où se découpent terrils et châssis à mollettes comme vers les mineurs aux gueules noires et leur cadre de vie, leurs familles, il capte instinctivement tout ce qui fait l’essence même de cette région aux portes de la France.
Ce sont aussi, alors que les grèves se sont un temps apaisées, les stigmates du conflit social qui attirent son regard, slogans peints sur les murs des charbonnages, affiches de revendications arrachées, intervention des gendarmes en casque et manteau long pour dégager les routes encombrées de barricades de fortune.
Sieff ne s’essaiera plus au reportage après cette série d’images qui pourtant lui vaudront le prix Niépce - qu’il obtient à la suite de Jean Dieuzaide et de Robert Doisneau. Il a déjà quitté l’Agence Magnum, après un passage furtif, pour entamer le parcours qui fera sa renommée et verra s’épanouir sa maîtrise de l’ombre et la lumière, ses recherches dans la composition et la perspective comme son goût des matières, qui sont en germes dans le juste portrait qu’il brosse du Borinage.


Christelle Rousseau, Conservatrice au Musée de la Photographie


 




© Matthieu Litt

GALERIE DU SOIR
Matthieu Litt, Horsehead Nebula



10.12.16 > 07.05.17




© Antoine Bruy

BOITE NOIRE
Antoine Bruy - Scrublands



10.12.16 > 07.05.17





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